René Girard : Le salon Verdurin (Proust) ne sait pas qu'il se méprise lui-même en la personne de Saniette

René Girard :

"L'unité agressive que le salon Verdurin présente au-dehors est une simple façade ; le salon n'a pour lui-même que mépris. C'est ce mépris que révèlent les persécutions dont est victime le malheureux Saniette. Ce personnage est le fidèle des fidèles, l'âme pure du salon Verdurin. Il joue, il devrait jouer si le salon était vraiment tout ce qu'il prétend être, un rôle un peu semblable à celui que joue à Combray la tante Léonie. Mais au lieu d'être honoré et respecté, Saniette est abreuvé d'insultes ; il est le souffre-douleur des Verdurin. Le salon ne sait pas qu'il se méprise lui-même en la personne de Saniette."

(René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque,
Pluriel 230-231)

René Girard : Le salon Verdurin (Proust) ne sait pas qu'il se méprise lui-même en la personne de Saniette