Marcel Proust | quel homme de goût avait eu cette réponse, à qui lui demandait quel événement l'avait le plus affligé dans sa vie : La mort de Lucien de Rubempré dans Splendeurs et misères

Comme après avoir regardé la belle reliure de son Balzac, je lui demandais ce qu'il préférait dans La Comédie humaine, il me répondit, dirigeant sa pensée vers une idée fixe : « Tout l'un ou tout l'autre, les petites miniatures comme Le Curé de Tours et La Femme abandonnée, ou les grandes fresques comme la série des Illusions perdues. Comment ! vous ne connaissez pas Les Illusions perdues ? C'est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche : c'est Rastignac, la demeure du jeune homme qu'il a aimé autrefois. Et l'abbé alors de tomber dans une rêverie que Swann appelait, ce qui était bien spirituel, la Tristesse d'Olympio de la pédérastie. Et la mort de Lucien ! je ne me rappelle plus quel homme de goût (*) avait eu cette réponse, à qui lui demandait quel événement l'avait le plus affligé dans sa vie : “La mort de Lucien de Rubempré dans Splendeurs et misères.”

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(*) Oscar Wilde :

Une des plus grandes tragédies de ma vie est la mort de Lucien de Rubempré. C'est un chagrin dont je n'ai jamais pu me libérer complètement. Il me hante dans mes moments de plaisir. Je m'en souviens quand je ris.

One of the greatest tragedies of my life is the death of Lucien de Rubempre. It is a grief from which I have never been able completely to rid myself. It haunts me in my moments of pleasure. I remember it when I laugh.

(note du site Marcel Proust)

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Texte en ligne : Balzac, Illusions perdues et sa suite : Splendeurs et misères des courtisanes

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